Pourquoi un parc animalier Tarnais ?

Pourquoi un parc animalier dans le Tarn ?

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Extrait de l'Interview Parue au Journal d'ici le 27/06/2013

M. Sauveur Ferrara, président du groupe Santé-Actions, ouvre le Zoo des Trois Vallées le 30 juin prochain. Un travail d’aménagement qui aura duré 5 années. Rencontre avec celui qui, au-delà de la mission zoologique d’un parc animalier nous parle de sciences humaines.

Le Journal d’Ici : Pourquoi vous êtes-vous lancé dans un tel projet, à première vue éloigné du milieu de la santé ?

M. Ferrara : « j’ai créé le groupe Santé Actions pour répondre à des problématiques hospitalières de santé, essentiellement pour les enfants sur l’ensemble du territoire français. L’objectif premier étant la santé mais aussi le bien-être.

Certaines problématiques que nous rencontrons dans notre profession relèvent d’une forme de « malaise dans la civilisation » comme le disait Freud. Cela n’est pas spécifiquement l’objet du champ médical tel qu’il s’est développé.

Nous sommes dans un monde qui se transforme très vite. Les certitudes sociales, parentales, et bien d’autres sont bouleversées.

Dans mon parcours, comme beaucoup de mes collègues, j’ai rencontré plusieurs types de souffrances et beaucoup de parents qui veulent des conseils, qui sont perplexes et désorientés par l’ensemble de ces évolutions.

Il me semblait donc important que nous puissions interroger l’ensemble du monde vivant afin de de vérifier au-delà de notre propre univers humain s’il existe des pistes de réflexion possibles, des invariables de l’ensemble du vivant dans le champ des dynamiques sociales, familiales, parentales et pédagogiques chez l’animal et l’homme. Mais interroger aussi les processus et conditions des apprentissages de base et de la transmission du savoir, et les processus de socialisation en général. Sans oublier bien-sûr le rôle des biographies individuelles et collectives dans l’élaboration de notre manière d’être, d’agir et de devenir.

Le Zoo des Trois Vallées fera se rencontrer sur le site des disciplines qui se sont rarement rencontrées autour d’un objet commun: zoologie éthologie, vétérinaire d’une part et sciences humaines d’autre part (sociologie, psychanalyse, psychologie, éducation…).

Ces recherches rapportées au genre humain, permettront une approche comparative mettant en valeur la diversité du vivant et sera aussi une source d’interrogation sur nous-mêmes, mais aussi une source d’enseignements propres à enrichir nos ré_flexions en particulier psychopédagogiques. Ainsi le zoo pourra répondre, s’il atteint ces objectifs, à différentes missions : la préservation de la faune, la sauvegarde de certaines espèces, la pédagogie, la sensibilisation à la biodiversité mais aussi la recherche.

Les animaux sélectionnés pour ces travaux sont ceux ayant une vie de groupe ou, bien sûr, une structure de type familiale. Ce sont particulièrement mais pas seulement, les primates humanoïdes (gorille, orang-orang-outan, bonobo, chimpanzé, gibbon (gibbons déjà présents sur le site) en fonction des animaux que nous recevrons.

Ils seront privilégiés dans nos observations car nous nous sommes séparés d’eux il y a à peine 6 millions d’années contre 20 millions pour les primates. C’est dire notre proximité avec eux…"

Expliquez-nous…

" Pour ce faire en 2008 j’ai donc acquis un ancien petit zoo fermé a Montredon-Labessonnié pour pouvoir après restructuration complète et sur fond propre exclusivement l’ouvrir et implanter une petite cellule pluridisciplinaire de recherche sur ces sujets.

La méthode procède uniquement de l’observation. Ces travaux se feront en liaison avec des laboratoires de recherche en science du comportement et plus tard les programmes de recherche de l’EAZA. Un comité scienti_fique chargé de superviser cette étude, d’en assurer l’intérêt et l’éthique est en cours de constitution. De plus il coordonnera aussi ce travail avec les autres études en cours sur ce sujet dans le monde des sciences humaines, zoologiques et éthologiques."